Isabelle Attard

Députée du Calvados

service public

Les circuits courts, pour la santé aussi !

/ / / / - Publié le 1 mars 2016 - 3 minutes de lecture

Le personnel de l’hôpital de Bayeux est en grève illimitée depuis le lundi 22 février 2016. Le motif ? L’exclusion du temps de repas du décompte du temps de travail pour certains personnels administratifs et techniques. Un détail ? Une goutte d’eau ? Peut-être, mais une goutte d’eau qui fait déborder un vase d’inquiétudes et d’épuisement bien trop plein.

 

Cette grève est un épisode aigu, comme disent les soignants : elle révèle une angoisse chronique et profonde. Une préoccupation constante qui, comme une maladie chronique, handicape la vie quotidienne, le bon fonctionnement de l’organisme.

Ce qui est en question dans ce mouvement, c’est le système de santé en général et l’avenir des services publics hospitaliers de proximité.

Le personnel de l’hôpital a choisi de travailler au service de la santé de chacun, sans distinction financière, sociale ou géographique. Le droit à la santé et à une bonne prise en charge sanitaire, les chances de survie ou de récupération face à un A.V.C. doivent être les mêmes, qu’on vive place Foch à Caen ou rue du Fort-Samson à Grandcamp-Maisy. (suite…)

lettre ouverte à M. le Directeur administratif des services de l’Education nationale

/ / / / / / - Publié le 13 mai 2015 - 3 minutes de lecture

Bayeux, le mercredi 13 mai 2015

LETTRE OUVERTE A M. JEAN-CHARLES HUCHET,

DIRECTEUR ADMINISTRATIF DES SERVICES DE L’EDUCATION NATIONALE

ACCORDONS-NOUS UNE ANNEE DE REFLEXION “

Monsieur le Directeur,

Les arbitrages sont faits, les décisions de fermetures de classes sont arrêtées.

Représentante de la Nation, je dois porter la voix des citoyens auprès des administrations d’État. Leur voix est chargée de déception et de colère et je partage leur sentiment.

Comme vous, je crois, je suis toujours affligée quand le Service public oublie sa raison d’être, énoncée dans son intitulé : être au service des Français, au service des enfants, promesse de notre pays, comme vient de le déclarer François Hollande.

Le désappointement des habitants de la 5e circonscription du Calvados est grand. Il est à la mesure des promesses faites. Les inspecteurs de secteurs sont venus, en votre nom, apaiser les mouvements revendicatifs des parents, enseignants et élus locaux. Ces derniers ont entendu des engagements de temporisation, de temps laissé à la réflexion. Il s’agissait, quand ces propos ont été tenus, de promesses faites sur le sable : vites effacées.

Les méthodes employées par les services de l’Inspection académique sont également source de déception. J’ai constaté que l’Inspection académique ne recevait les usagers que lorsque, je cite, ceux-ci « sollicitent audience ». J’ai noté que l’Inspection académique attendait la colère et les actions de blocage des parents pour intervenir. J’ai reçu, comme tous les intéressés, des décisions sèches assénées par l’administration sans concertation préalable ni même évaluation préliminaire de toutes les possibilités.

Quand l’administration comprendra-t-elle que c’est à elle d’aller vers les usagers, de favoriser la concertation, le dialogue et la coopération ? Une décision élaborée en commun aboutit à un projet qui va loin, l’Education nationale doit le savoir.

Les fusions, les fermetures existent et, dans une académie qui « perd » des élèves, cela va de soi. Il n’en demeure pas moins essentiel de prendre en considération la particularité du territoire : vivre et être élève en milieu rural cela présente des contraintes, bien différentes de celles des zones urbaines. Pour cette raison, je vous demande, Monsieur le Directeur, une année de réflexion sur la carte scolaire. Il est indispensable de la revoir et la redéfinir.

Il est largement temps pour nous tous, soucieux de l’intérêt primordial des enfants, de penser un réseau d’écoles au bénéfice de ces derniers. Il faut accompagner les enfants de l’école primaire dans leur premiers apprentissages, fondamentaux et fondateurs. Pour cela, évitons les classes surchargées. La protection du niveau CP est essentielle, le Président de la République et Mme la Ministre l’ont dit et répété.

Cette réflexion sur le maillage scolaire rural doit prendre en compte les modalités de déplacement, les activités périscolaires et l’évolution des bassins de vie de notre territoire. Maintenir la vie en milieu rural cela exige la conservation de services de qualité. Il faut proposer à nos concitoyens l’accès aux moyens de communication performants, avec l’apport de la fibre notamment, autant qu’à des écoles de proximité efficientes. Les écoles de ma circonscription pour lesquelles des fermetures de classes ont été annoncées ont pourtant fait la preuve de la qualité de leur enseignement.

Le maintien de l’égalité des chances entre les enfants mérite bien une année de réflexion. C’est le moindre mal que nous pouvons nous donner pour les Français d’aujourd’hui et de demain.

Dans l’attente de vos propositions, je vous prie, Monsieur le Directeur, d’accepter mes respectueuses salutations.

Isabelle ATTARD, Députée du Calvados

Déréglementation : ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain !

/ / / / / / / / / / / - Publié le 19 septembre 2014 - 3 minutes de lecture

Depuis plusieurs mois, les Ministres de l’Économie successifs évoquent un futur projet de “loi de croissance”. Il contiendrait un volet relatif à la déréglementation des professions réglementées. Soit. Le but affiché de ce nouveau projet de loi est de permettre un gain de pouvoir d’achat pour tous les citoyens.

Que sont ces “professions réglementées” ? Il s’agit d’activités professionnelles dont l’accès, l’exercice ou une des modalités d’exercice est subordonné directement ou indirectement , en vertu de dispositions législatives, réglementaires ou administratives, à la possession de qualifications professionnelles déterminées. C’est une garantie pour le citoyen !

En France, faire la liste des professions réglementées relève du défi. On peut réduire la question aux seules professions libérales réglementées, de l’agent de change au vétérinaire, en passant par le buraliste et l’expert-comptable. A ce jour, la réforme ciblerait essentiellement les professions de santé et celles du droit : pharmaciens, notaires et huissiers de Justice. Chacune de ces professions a un ministère de référence : celui des Affaires sociales et de la Santé, celui de la Justice.

On comprend donc que les professionnels en question refusent une décision prise par le seul Ministère de l’Économie. Pour envisager une telle réforme, il faut le faire dans le cadre d’une discussion ouverte entre les acteurs du secteur et leur Ministère de tutelle. La Garde des Sceaux l’a affirmé et on ne peut qu’adhérer à cette démarche. Le Ministère de l’Économie n’est pas destiné à décider de tout pour tout le monde.

Les pharmaciens, les notaires et les huissiers de Justice détiennent un monopole, chacun dans leur domaine d’activité. Monopole n’est pas un “gros mot” ; il a même du sens, lorsque la profession en question remplit une tâche de service public. Pharmaciens, notaires et huissiers de Justice accomplissent un office ministériel, assurent une activité déléguée par l’État. Le monopole se justifie parfaitement dans ce cadre. D’autant qu’y correspondent des obligations : formation et lieu d’installation entre autres. Ce qui assure un maillage territorial, la sécurité des actes et la qualité du service.

Le Ministère de l’Économie veut libéraliser l’accès à ces activités. Pas aux professions mais aux actes qu’elles accomplissent. Libéraliser ces opérations et faire entrer des sociétés capitalistiques dans ces pratiques signifie la fin du maillage territorial et la fin de l’égalité de traitement des usagers. Les entreprises dont le but n’est que le bénéfice choisiront les pratiques les plus rentables et en augmenteront les tarifs. Elles s’installeront là où elles auront de nombreux clients, pas dans nos campagnes.

Où est l’intérêt de nos concitoyens ? Je perçois bien l’intérêt des entreprises qui cherchent de nouvelles sources de bénéfices. Je comprends bien l’intérêt de trouver des objets faciles à soumettre à la vindicte populaire quand chacun se serre la ceinture. Je ne vois toujours pas en quoi cette réforme, que personne ne demande, permettra d’augmenter le pouvoir d’achat des Français et améliorera la qualité de vie dans notre pays. Réévaluer les tarifs des actes pourquoi pas, marchandiser le droit et la santé, je m’y refuse irrévocablement.