Isabelle Attard

Députée du Calvados

Marco Civil

Le Brésil vote une loi formidable pour les droits numériques. Qu’attendons-nous pour faire pareil ?

/ / / / / / / / / - Publié le 24 avril 2014 - 2 minutes de lecture

La surveillance généralisée des citoyens par les États et les entreprises était soupçonnée depuis longtemps. Le lanceur d’alerte Edward Snowden a révélé au monde entier que nous étions réellement surveillés. Tous nos mails, SMS et appels téléphoniques livrent notre vie privée dans tous ses détails. Ceux qui prétendent ne rien avoir à cacher devraient rendre publics leurs relevés téléphoniques et bancaires, ainsi que leur historique de navigation internet.
C’est pourquoi je me réjouis aujourd’hui de voir le Brésil prendre le problème au sérieux.
La chambre des députés brésilienne vient de voter la loi Marco Civil. Cette loi définit un cadre législatif solide pour les libertés fondamentales face à la révolution numérique. Ses principes sont forts :

  • Protection de la liberté d’expression.
  • Interopérabilité, standards ouverts.
  • Protection des données personnelles, en limitant la conservation par les intermédiaires.
  • Ouverture des données gouvernementales.
  • Neutralité des réseaux.

Ces réalisations ambitieuses sont précisément celles que Nouvelle Donne veut pour les citoyens européens. Dans le programme des élections européennes révélé aujourd’hui, Nouvelle Donne ne dit pas autre chose :

20) Protéger les citoyens des risques numériques et défendre les libertés fondamentales sur Internet.

La révolution numérique expose les citoyens à des opportunités et des risques nouveaux. Il faut protéger la vie privée et les données personnelles de la surveillance et des exploitations commerciales abusives. Cela passe par le droit à l’anonymat et au chiffrement, la promotion des logiciels libres, et la défense des réseaux neutres et accessibles. Nous nous opposerons à la surveillance de masse, et à la commercialisation de technologies de surveillance globales. Nous renforcerons les droits des citoyens, et nous nous opposerons aux sanctions administratives ou privées sans contrôle d’un juge.

Ce que le gouvernement brésilien a fait, l’Union européenne et la France peuvent le faire. Je défends ces positions à l’Assemblée nationale depuis deux ans. J’espère que le 25 mai, les citoyens éliront des eurodéputés conscients des enjeux majeurs du numérique, et prêts à défendre nos propositions.

Isabelle Attard, députée du Calvados, co-présidente de Nouvelle Donne