Isabelle Attard

Députée du Calvados

Loi travail

Violences policières : le rapport qui dit les faits

/ / / / - Publié le 29 juin 2016 - 2 minutes de lecture

À 10h aujourd’hui, le journaliste Hervé Kempf et son équipe du journal Reporterre ont présenté leur rapport d’information « Maintien de l’ordre : la dangereuse dérive« .

https://reporterre.net/Violences-policieres-le-rapport-qui-dit-les-faits

Ces journalistes ont été choqués, dès le début des manifestations contre la loi Travail en mars 2016, de la répression démesurée envers des manifestants et des journalistes. Ils ont décidé d’enquêter dans toute la France, et ont rapporté factuellement les témoignages d’acteurs de ces manifestations, côté manifestants et côté gardiens de la paix.

Le témoignage d’Alexandre Langlois, secrétaire national de la CGT Police, est édifiant : 

  • « Nous ne sommes pas des Robocops » 
  • « Nous sommes utilisés contre le peuple et les donneurs d’ordres cherchent à nous désolidariser du peuple, alors que nous en faisons partie. »
  • « Les casseurs ne sont pas chassés assez rapidement des manifestations alors qu’ils sont parfaitement identifiés. »

Plusieurs syndicats de policiers étaient représentés lors de la conférence de presse, et ont témoigné et approuvé le contenu de ce rapport.

Des députés représentant différentes sensibilités politiques étaient présents, et se mobilisent contre ces dérives inacceptables du gouvernement. Je remercie les député-e-s Noël Mamère, Fanélie Carrey-Conte, Pouria Amirshahi, Sergio Coronado  et Cécile Duflot de s’opposer, avec moi, à l’utilisation des gardiens de la paix à des fins politiques lamentables

N’oublions pas que ces dérives n’ont pas commencé avec la loi Travail : la mort de Rémi Fraisse, militant pacifiste assassiné, aurait dû servir de leçon.

https://reporterre.net/Violences-policieres-le-rapport-qui-dit-les-faits

Loi Travail : mobilisation jusqu’au retrait, pour un Droit du Travail moderne

/ / / - Publié le 25 mars 2016 - 0 minutes Less than a minute de lecture

Sur le projet de loi travail, le gouvernement n’a pas entendu les inquiétudes légitimes des Français, des salariés et de la jeunesse. Les députés écologistes demandent l’abandon du projet de loi présenté jeudi 24 mars en conseil des ministres, et proposent de travailler à un droit du travail du XXIe siècle.

Unis contre la loi travail, pour un code du travail moderne

Unis contre la loi travail, pour un code du travail moderne

Le projet de loi El Khomri poursuit trois objectifs qui constituent autant de régressions sociales : l’allongement du temps de travail, la baisse des rémunérations des salariés et la facilitation des licenciements économiques.

Plusieurs dispositions permettent en effet d’allonger le temps de travail, en faisant primer l’accord d’entreprise sur les accords de branche et le droit du travail en la matière.

Une journée de travail pourra atteindre 12 heures contre 10 aujourd’hui. La moyenne hebdomadaire sur 12 semaines pourra être de 46 heures, contre 44 heures actuellement. La modulation du temps de travail sera possible sur trois ans plutôt qu’un : une façon pour les employeurs de ne pas régler les heures supplémentaires !

De plus, pour les entreprises de moins de 50 salariés, l’employeur peut décider unilatéralement d’une modulation du temps de travail sur 9 semaines contre 4 avant ce projet.

La députée écologiste Eva Sas prévient qu’« en faisant primer la négociation d’entreprise sur la négociation de branche, le gouvernement encourage la course au moins-disant social, et organise la concurrence entre les salariés et entre les entreprises ». Le principe est acté et sera décliné sur tous les aspects des conditions de travail, mais dans ce projet de loi, c’est notamment la rémunération des heures supplémentaires qui est visée. En effet, le taux de majoration des heures supplémentaires pourra être fixé au niveau de l’entreprise et abaissé jusqu’au plancher de 10% au lieu des 25% généralement appliqués aujourd’hui.

Enfin, la facilitation des licenciements économiques est maintenue. Les difficultés d’un groupe ou d’une entreprise ne seront ainsi évaluées qu’au niveau national et non européen.

Alors oui, il faut une réforme du droit du travail, mais une réforme de progrès ! Celle qui permettrait la création d’emplois, la lutte contre le chômage et l’adaptation du marché du travail aux nouvelles réalités économiques des entreprises et de leurs salariés. Pour cela, nous proposons :

  • D’inclure dans le droit du travail les nouvelles formes d’activités liées à l’économie collaborative pour offrir à ces personnes une véritable protection sociale.
  • De renforcer la présence des salariés dans les conseils d’administration pour une gestion partagée de l’entreprise.
  • De relancer le mouvement historique de réduction du temps de travail sous une forme souple : semaine de 4 jours, année sabbatique, portabilité du compte épargne temps
  • De mettre en place un plan de relance de l’emploi lié à la transition écologique, financé notamment par un « Green Quantitative Easing », une politique monétaire fléchée vers les projets verts.

La mobilisation du 9 mars dernier a déjà permis de faire reculer le gouvernement sur l’instauration d’un barème pour les indemnités de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Celle du 31 mars doit permettre un abandon de ce projet de loi.

Nous participerons donc à cette mobilisation pour défendre une réforme de progrès, un droit du travail du XXIe siècle. Nous concrétiserons ce projet dans une proposition de loi en cours de finalisation.

Isabelle Attard, Laurence Abeille, Brigitte Allain, Danielle Auroi, Michèle Bonneton, Sergio Coronado, Cécile Duflot, Noël Mamère, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas.