Isabelle Attard

Députée du Calvados

enseignement supérieur

Je dénonce la misère des chercheurs publics Français

/ / / / / / - Publié le 29 octobre 2014 - 2 minutes de lecture

J’ai interrogé aujourd’hui la Secrétaire d’Etat Geneviève Fioraso sur la misère des chercheurs publics. Je serai à leurs côtés avec l’intersyndicale mardi prochain, le 4 novembre, pour marcher depuis l’Institut Curie jusqu’à l’Assemblée nationale, où sera débattu le budget de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Monsieur le président, chers collègues, ma question s’adresse à Madame la Secrétaire d’État chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Madame Fioraso, vous aviez annoncé la création de 1000 postes dans les universités.
Mais comment voulez-vous qu’elles recrutent lorsqu’elles peinent à chauffer les amphithéâtres, comme j’ai pu le constater à l’université Versailles – St-Quentin-en-Yvelines ? Ou encore, à Nantes, où il n’y a pas assez de laboratoires de Travaux Pratiques pour tous les étudiants.

Parallèlement, l’Agence Nationale pour la Recherche investit dans de performants outils de recherche comme des spectrophotomètres de masse ou des téléscopes, mais il n’y a plus assez de techniciens et d’ingénieurs pour les faire fonctionner !

Nous avons des prix Nobel et des médailles Fields, résultat des politiques volontaristes passées. Nous avons surtout des enseignants-chercheurs médailles de bronze, d’argent et d’or du CNRS, qui perdent jusqu’à 80% de leur temps à chercher des financement, au lieu de le consacrer à enrichir nos connaissances.

L’argent est disponible, il est attribué au Crédit Impôt Recherche. La Cour des Comptes a conclu : c’est une niche fiscale inefficace. Nous pourrions en faire un outil au service des PME, notamment par un plafonnement pour limiter l’effet d’aubaine des multinationales.
Les élus socialistes le réclamaient jusqu’en 2012, c’est ce que nous continuons d’exiger depuis.

Aujourd’hui, nous finançons la recherche privée quelle qu’elle soit, et la recherche publique est restreinte à la recherche appliquée, par les priorités fixées par votre ministère. C’est l’inverse qu’il faudrait faire !

Vous l’aurez compris, madame la secrétaire d’Etat, mon groupe et moi-même sommes excédés de voir comment l’enseignement supérieur et la recherche sont considérés dans notre pays.
Mais pas moins que les 50 000 précaires du secteur.
Pas moins que les 700 directeurs d’unité de recherche qui bientôt démissionneront administrativement.

Nous nous acheminons rapidement vers un blocage complet, qu’attendez-vous pour réagir ? Qu’il n’y ait plus de Prix Nobel attribués à des Français ?
Voilà la situation de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche dans notre pays aujourd’hui, voilà les questions qui attendent aujourd’hui des réponses, et des actions, de votre part.

Temps législatif programmé pour le projet ESR : une erreur !

/ / / / / - Publié le 24 avril 2013 - 2 minutes de lecture

Isabelle Attard, députée Europe Écologie-les Verts, a déclaré aujourd’hui sa grande surprise et sa profonde déception face à la décision de recourir à la procédure dite du « temps législatif programmé » pour l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche.

La Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avait initié à l’automne 2012 un temps de débat important avec l’ensemble des acteurs universitaires au travers d’Assises régionales puis nationales. Il est incompréhensible que la représentation nationale ne puisse, elle aussi, débattre pleinement d’un projet aussi important pour le futur de nos universités et de la recherche.

Alors que la communauté universitaire a déjà commencé à exprimer ses inquiétudes sur le projet de loi, il semblerait nécessaire que la Ministre prenne au contraire le temps du débat et de l’explication de texte. Un débat tronqué au Parlement ne pourra que renforcer les oppositions naissantes à l’extérieur. La recherche et l’enseignement supérieur en France, mis à genoux par cinq années de politiques sarkosystes, méritent mieux. Les chercheurs, les universitaires, les personnels et les étudiants ont besoin d’une loi forte et ambitieuse qui leur redonnent espoir dans notre système et leur permette d’envisager sereinement leur avenir.

Le Gouvernement ne peut pas considérer que le débat s’est arrêté avec la clôture des Assises. Beaucoup de propositions intéressantes qui y ont été formulées ont malheureusement été écartées du projet de loi. Les députés écologistes, qui sont toujours restés au contact de la communauté universitaire, estiment qu’ils ont beaucoup à apporter au texte et regrettent de ne pouvoir disposer du temps nécessaire pour exposer leurs propositions. En ayant recours au temps programmé dès la première lecture, c’est l’opposition qui disposera du plus large temps de parole, alors que des propositions vraiment constructives auraient pu être portées, au sein de la majorité, notamment par les écologistes.

« Le texte, en l’état, présente de nombreuses lacunes. Il n’est pas à la hauteur du changement de direction qu’appellent de leurs vœux les acteurs du monde académique afin que l’enseignement supérieur et la recherche sortent enfin des difficultés auxquelles ils sont confrontés. Les écologistes travaillent ces questions depuis longtemps. Nous avons de nombreuses propositions constructives à présenter à la Ministre et à la représentation nationale. Il est dommage que l’on ne nous accorde pas le temps nécessaire pour présenter et débattre de ces solutions. Le risque est d’aboutir à un texte qui ne sera pas satisfaisant, qui sera difficilement acceptable pour les parlementaires et qui risque d’être rejeté par les acteurs. » a déclaré Isabelle Attard pour le groupe des écologistes.