Isabelle Attard

Députée du Calvados

élections régionales

Un mandat, ça va. Deux, bonjour les dégâts !

/ / / / / / / - Publié le 14 décembre 2015 - 2 minutes de lecture

Les élections sont terminées, il est temps pour les nouveaux élus régionaux de se mettre au travail. Certains le feront consciencieusement, j’en suis sûre. D’autres ont déjà annoncé leur intention de ne siéger qu’à temps partiel. Avant même d’avoir commencé !

La palme du ridicule revient au ministre de la Défense, le socialiste Jean-Yves Le Drian. Le 24 octobre, il déclarait “ne faire campagne que le week-end”, parce que ministre est un travail à temps plein en semaine. Et il promettait de ne pas cumuler.

Finalement, il souhaite conserver les deux postes durant l’état d’urgence, que le gouvernement a annoncé vouloir prolonger.

Il n’y a pas de raison pour que le ministre en charge de toutes les opérations militaires extérieures de la France, notamment au Mali et en Syrie, soit moins sollicité une fois élu que pendant la campagne. Les 3 millions de Bretons se contenteront-ils d’un Président du dimanche ? Ou bien le ministère de la Défense sera-t-il occupé à temps partiel ? Être absent de son poste, lorsque l’on dirige des forces armées, cela a un nom : la désertion !

 

D’autres reconnaissent l’importance du non-cumul, sans aller jusqu’au bout. En Normandie, Hervé Morin aurait promis de démissionner de son poste de député. Il y était obligé, puisque la loi interdit d’être maire, député et président de région. J’espère qu’il aura aussi l’honnêteté de démissionner de ses mandats de maire d’Épaignes et de président de la communauté de communes de Cormelles. Les 3 315 000 Normands méritent un président de région à plein temps.

Les excuses sont connues : les cumulards travaillent beaucoup, ils ont une équipe avec eux. Les réponses sont évidentes : si quelqu’un d’autre fait le travail, ce quelqu’un doit avoir le poste.

 

Le cumul des mandats est une exception franco-française, qu’aucun pays au monde ne nous envie.

Le cumul est un mensonge : personne ne peut occuper deux fonctions à temps plein simultanément.

Le cumul est une escroquerie : toucher deux indemnités pleines pour deux mi-temps, c’est de la vénalité.

Le cumul est nuisible à la démocratie : cumuler, en simultané et dans le temps, empêche le renouvellement du personnel politique. C’est la source de la classe politique française, déconnectée de la société réelle.

 

J’invite tous les conseillers régionaux, de tous bords, à abandonner tous leurs autres mandats électifs, pour se consacrer à leur région. Les régions de France, et tous leurs habitants, méritent au moins cet effort.

Les socialistes cherchent un bouc émissaire

/ / / - Publié le 2 juillet 2015 - 2 minutes de lecture

(Tribune publiée dans Ouest France)

Lorsqu’un groupe rencontre des problèmes, il peut tenter de les résoudre. Ou, plus facilement, il peut pointer du doigt un coupable imaginaire, un bouc émissaire, et l’accuser de tous ses malheurs.

J’étais dimanche à la Fête des Coteaux organisée par le PCF. Laurent Beauvais, président PS de la région Basse-Normandie, m’a interpellée en public : « Tu veux donc vraiment qu’ Hervé Morin récupère la région ? »

C’est une lourde accusation ! Moi, simple députée non cumularde, parce que je soutiens le mouvement citoyen créé en Normandie pour les élections régionales de décembre 2015, j’aurais le pouvoir de décider du résultat des votes ?

Pourtant, depuis 2012, le PS n’a pas eu besoin de moi pour perdre les élections municipales, européennes, sénatoriales ET départementales. Sans oublier la plupart des législatives partielles.

J’entends régulièrement des élus et des militants socialistes m’accuser d’avoir trahi. En vrac, le gouvernement, la majorité, les socialistes, la gauche et tous mes électeurs.

Je les invite à vérifier mes votes à l’Assemblée nationale : je respecte scrupuleusement mes promesses de campagne, celles définies dans le programme commun EELV/PS. J’ai tenu mes engagements envers la charte ANTICOR contre la corruption. Mes comptes sont publiés, comme mes déclarations d’intérêts et de patrimoine.

Lorsqu’un gouvernement recule sur la quasi-totalité de ses promesses, il est facile de pointer du doigt ceux qui, n’ayant pas reculé, semblent être sortis du rang. Il est plus difficile de se regarder en face et de réaliser les manquements de son propre parti.

Que Laurent Beauvais se rassure : je ne suis pas en mesure de lui faire perdre les élections régionales. Ses amis (soi-disant) socialistes au gouvernement le font très bien tous seuls.

Quant aux électeurs déçus, je veux leur dire que les rassemblements citoyens comptent sur eux. Pour voter, mais surtout pour constituer des programmes et des listes de candidats qui leur ressemblent.