Isabelle Attard

Députée du Calvados

clientelisme

Voulez-vous vraiment être débarrassés des élus « pourris » ?

/ / / - Publié le 8 septembre 2014 - 3 minutes de lecture

J’entends régulièrement les critiques envers les hommes et les femmes politiques. Ils seraient « tous pourris« . En tant qu’élue, je me sens concernée : c’est désagréable. D’autant que, dans les faits, j’ai l’impression qu’avoir de tels élus en arrange plus d’un.

Qu’est-ce qu’un « politicien pourri » ? Une personne corruptible qui, en échange de l’assurance de votre vote ou de votre soutien public, vous obtiendra un logement, un poste pour votre fille, ou une place en maison de retraite pour vos parents.
Comment ? En usant de son mandat d’élu pour vous favoriser auprès d’un chef d’entreprise, une directrice d’EPHAD, ou un président de bailleur social, lui même élu en général.
Les dossiers « soutenus par un élu » se retrouvent donc “au sommet de la pile« .

Qui souffre de ce clientélisme ? Tout le monde !

Les travailleurs sociaux qui traitent les demandes de logement ou de places en maison de retraites. Ce sont des professionnels, ils connaissent les priorités, les personnes qu’il faut aider en urgence. Qu’un élu leur dise qui favoriser est intolérable. Le politique fixe le cadre, et oriente globalement le fonctionnement. Il ne doit pas attribuer des faveurs “à la tête du client”.

Les responsables des ressources humaines pâtissent de ces pratiques. Ils connaissent les besoins de leur entreprise ou de leur collectivité et les profils des personnes à recruter. Comment faire son travail consciencieusement si, sans tenir compte d’aucun critère, ils ont la « forte consigne » d’embaucher telle ou telle personne ? Pire, dans la plupart des cas, l’élu n’a ni vu la personne qu’il « soutient » ni lu attentivement son CV.

Surtout, il y a vous. Vous, qui attendez une place en maison de retraite pour votre mère, ou un logement HLM pour votre famille. Mais d’autres demandes passeront avant. Pourquoi, comment, personne ne vous le dira. Vous trouverez cela totalement injuste et vous aurez raison.

Peut-on, en France, changer ces pratiques douteuses ?

Oui, si on s’y met tous. C’est à dire, si tous les élus refusent enfin de rentrer dans ce jeu, en expliquant pourquoi le clientélisme est à bannir. C’est difficile d’expliquer à une personne en détresse que son député ne peut pas lui fournir un logement. L’élu peut cependant orienter vers les bons interlocuteurs.
C’est possible, si les électeurs refusent de voter pour les candidats qui pratiquent le piston.
C’est possible, si les citoyens vont voir leurs élus pour autre chose que des passe-droits.
C’est possible, si chacun se souvient que l’intérêt général est au-dessus de nos petits intérêts particuliers.
Chaque citoyen dispose d’un bulletin de vote, c’est une force. A vous d’en faire bon usage. Mais après les élections, vous pouvez aussi exiger de la transparence dans les décisions des élus. Hervé Lebreton, simple citoyen et président de l’Association pour la démocratie directe, a ainsi obtenu la publication intégrale de la réserve parlementaire 2011. Malgré le refus obstiné des ministères.

Il faut aussi s’attaquer aux vraies causes. Par exemple, si nous avons une file interminable dans l’attente d’un logement social, c’est que la France souffre d’une pénurie de logements. Demandons une politique sérieuse de construction de logements sociaux. Exigeons que les critères d’attribution de ces logements soient connus de tous. Nous aurons ainsi pris le problème dans le bon sens et nous l’aurons résolu sans que la loi du plus corrompu l’emporte.

Isabelle Attard, députée Nouvelle Donne du Calvados.

Tribune parue dans la Renaissance du Bessin, le vendredi 5 septembre 2014

Réserve parlementaire : Isabelle ATTARD publie la liste des 28 projets qui en bénéficieront en 2014

/ / - Publié le 27 novembre 2013 - 3 minutes de lecture
– COMMUNIQUE DE PRESSE –
27 novembre 2013
Isabelle ATTARD publie la liste des 28 projets qui bénéficieront de sa réserve parlementaire en 2014

Mise en place en 2013, la procédure innovante d’attribution de la réserve parlementaire d’Isabelle ATTARD est un véritable succès. Par souci de transparence et de lutte contre le clientélisme, la députée a confié l’attribution de sa réserve parlementaire à un jury de 9 citoyens tirés au sort parmi les 60 personnes qui avaient candidaté pour y participer. Le montant à distribuer était de 117 000 €. En effet, sur les 130 000 € de l’enveloppe, 13 000 € sont versés dans un pot commun par les députés écologistes pour subventionner des associations nationales.

65 dossiers de demande de subvention ont été enregistrés à la date de clôture prévue pour leur dépôt le 31 août 2013. Début septembre, les 9 jurés ont reçu une copie des 65 dossiers afin de pouvoir les étudier. Le mois de septembre fut ponctué de 3 réunions de travail au cours desquelles les jurés ont exprimé librement leurs questions, débattu et mis en perspective l’ensemble des dossiers avec la feuille de route confiée par la députée afin de guider leur choix. Car il y avait bien des critères de sélection à respecter afin que le choix final soit cohérent avec les valeurs défendues par la députée, parmi lesquelles figurent la solidarité, la transmission, le respect et la créativité. Le 26 septembre, le jury a délibéré et choisi de doter 28 projets de montants allant de 1 000 à 20 000 €. Courant octobre, tous les demandeurs ont été informés par courrier de la décision du jury.
Pour Isabelle ATTARD, « le nombre de dossier à étudier était considérable. Cela a rendu la tache du jury délicate et leur a demandé un grand investissement. Je les félicite et les remercie chaleureusement pour l’engagement dont ils ont fait preuve. Cette profusion de dossiers a également contraint le jury à faire des choix difficiles avec 37 projets non subventionnés qui engendrent forcément des déceptions. Comme je m’y étais engagée, le jury était totalement souverain. Ils pourront témoigner que je n’ai participé à aucune de leurs réunions de travail, hormis une première rencontre explicative en juillet.
Soyons clairs, le principe de l’existence d’une réserve d’argent, que les parlementaires peuvent distribuer selon leur bon vouloir, me dérange. Mais si celle-ci perdure, je réitérerai cette procédure l’année prochaine en tentant encore de l’améliorer. D’autres collègues députés prennent la même voie que moi et feront aussi appel à un jury l’année prochaine. Je pense que le souci commun qui nous anime dans cette démarche est de mettre en place une véritable démocratie participative avec les citoyens et de changer l’image des élus en luttant contre le clientélisme. »