Isabelle Attard

Députée du Calvados

Questions d’enfants : qui est ma députée ?

Avant leur visite de l’Assemblée nationale, le lundi 4 février 2013, Isabelle ATTARD se prêtait aux questions des élèves de la classe de CM2 de l’école « la belle plage » d’Asnelles. Voici les questions et les réponses.

 

ÊTRE DÉPUTÉE

A quel âge peut-on devenir être élu député ?

Pour pouvoir être élu député, il faut avoir 18 ans. D’autres conditions doivent être remplies comme : être français, jouir de ses droits civils et politiques et n’être dans aucun cas d’incapacité énoncé par la loi.

Est-on obligé de siéger à l’Assemblée nationale ?

Oui, les députés doivent siéger. Si un député est absent, sans justification, il est soumis à une amende.

Comment être élu ?

Il faut d’abord se présenter ! En général, on est désigné par un ou plusieurs partis politiques, dans une circonscription qui regroupe plusieurs cantons. On fait campagne, pendant plusieurs semaines. Le jour des élections, le député est élu au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Y a-t-il un âge auquel on ne peut plus être élu député ?

Non, il n’y a pas d’âge limite, ce que je regrette. Je crois profondément qu’à partir d’un certain âge, il faut cesser son activité parlementaire parce que c’est fatigant physiquement et mentalement.

Aimez-vous votre fonction de député ?

Oui. Comme toutes les fonctions que j’ai assumées auparavant, j’aime beaucoup mon activité parlementaire.

Avez-vous une personne qui vous remplace quand vous n’êtes pas là ?

Le député ne peut pas être remplacé ponctuellement dans l’hémicycle, ni en commission. Le suppléant remplace le député quand celui-ci soit est nommé ministre (ou défenseur des droits ou contrôleur général des finances) soit décède.

En réunion, pour des commémorations, je peux être remplacée par Mme MOTTIN ou mes collaborateurs.

Pourquoi avez-vous voulu être députée ?

J’ai de l’intérêt pour la chose politique depuis l’âge de 8 ans ; l’élection de François MITTERRAND à la présidence de la République a beaucoup marqué la petite fille que j’étais. Mes enfants ayant grandi, j’avais davantage de disponibilité. Mon moteur essentiel c’est ma volonté de participer à la prise de décision et d’utiliser mon efficacité au service du plus grand nombre.

Pouvez-vous vous perdre à l’Assemblée nationale ?

Cela m’arrivait au début. Je crois qu’aujourd’hui je ne me perdrais plus.

Avez-vous le trac en prenant la parole dans l’hémicycle ?

Avant d’être élue, il m’arrivait déjà de prendre la parole en public et même de donner des conférences. Toutefois, je reconnais qu’à ma première intervention, j’ai ressenti un peu de pression. Aujourd’hui, ça passe tout seul.

Savez-vous combien il y a de ministre ?

Euh… non. Une grosse trentaine, il y a certains ministres qu’on ne connait pas parce qu’ils ne viennent pas ou ne prennent pas la parole à l’Assemblée. (Il y a 38 ministres et secrétaires d’État)

Êtes-vous protégée ? Avez-vous un garde du corps ?

Non, pas à ce jour. Mais j’ai un collaborateur très grand et qui peut faire suffisamment peur à qui voudrait m’agresser.

Êtes-vous bien rémunérée ?

Oui, je suis bien rémunérée. Je reçois 5500 € par mois. Je reverse 1300 € à mon parti politique.

Combien de fois avez-vous été élue ?

C’est mon premier mandat.

Avez-vous déjà vu le président de la République ?

Oui, à l’occasion des célébrations du 50e anniversaire du traité de l’Elysée.

Comment se passent vos journées à l’Assemblée nationale ?

Le mardi en arrivant, je me rends à la réunion du groupe politique EELV. Ensuite, je siège généralement en commission, l’après-midi nous sommes ne session publique, avec notamment les questions d’actualité de 15h à 16h. Ensuite, l’emploi du temps alterne entre session publique dans l’hémicycle, commission, rendez-vous individuels, réunion politiques et réunions avec des groupes professionnels sur tel ou tel sujet.

Combien de personnes travaillent pour vous ?

J’ai 3 collaborateurs personnels. Sarah et Frédric sont mes attachés parlementaires ; Sarah travaille à temps plein dans la circonscription, Frédric est avec moi à Paris du mardi au jeudi, il vient à Bayeux le reste du temps. Estelle est à mi-temps dans la circonscription. A l’Assemblée nationale, je peux aussi compter sur une collaboratrice de groupe, Sophie qui se consacrent aux questions étudiées par la commission dans laquelle je siège.

Quand vous n’êtes pas d’accord à l’Assemblée nationale, criez-vous ?

Non. Je fais des signes de tête, je dis mon désaccord mais je ne crie pas et je n’utilise jamais de gros mots.

Est-ce qu’on vous crie dessus ou on vous insulte quand vous prenez la parole ?

Cela arrive ; souvent je suis assez déçue par l’attitude de mes collègues. C’est arrivé samedi dernier (2 février) quand j’ai rappelé qu’un maire, officier d’état civil garant de l’application de la loi, qui refuserait d’appliquer la loi en mariant un couple homosexuel disposait toujours de la possibilité de démissionner.

Est-il difficile d’être une femme à l’Assemblée nationale ?

Parfois. On n’échappe pas aux propos un peu machistes… de temps en temps.

TRAVAIL LÉGISLATIF

Qui écrit les lois ?

Ce sont toujours les parlementaires qui, au final, écrivent les lois. Un texte présenté au Parlement peut être soit un projet de loi, s’il émane du gouvernement, soit une proposition de loi s’il est produit par un député ou un sénateur. Avec le vote au Parlement, ce sont bien les députés et les sénateurs qui écrivent la loi.

Quelle est la longueur d’une loi ?

Il n’y a pas de contrainte de longueur.

Quel sera votre prochain débat ?

Nous poursuivons le débat sur la loi ouvrant le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. Ensuite, nous devrons nous atteler à la loi de refondation de l’école.

Quel est le parcours de la loi ?

Comment fonctionne le mécanisme des questions au gouvernement des séances des mardis et mercredis ?

Lors de la réunion du groupe du mardi matin, on balaie l’actualité, on choisit 2 sujets (1 pour le mardi et 1 pour le mercredi), on désigne les orateurs. Le groupe EELV, membre de la majorité, adresse ses questions par voie écrite à l’avance au ministre concerné et au président de l’Assemblée nationale. Les groupes de l’opposition ne dévoilent pas leurs questions au préalable.

Le nombre de question d’actualité par groupe politique dépend de la taille du groupe.

L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Quand l’Assemblée nationale a-t-elle été créée ?

Sous l’Ancien régime, il existait les Etats généraux – assemblée regroupant les 3 corps de l’Etat : noblesse, clergé et tiers-état. Ils n’étaient convoqués que suivant la bonne volonté du monarque. A l’occasion de la convocation des Etats généraux de 1789, les représentants du tiers-état déposent une motion et se constituent en Assemblée nationale le 17 juin 1789.

L’Assemblée nationale siège au palais Bourbon depuis 1799.

Connaissez-vous la salle des pas des perdus ?

Je n’y suis jamais allée, je ne l’utilise pas. Il me semble que c’est essentiellement une salle par laquelle passent les visiteurs.

Combien de personnes travaillent à l’Assemblée nationale ?

Il y a 577 députés, qui ont tous 1 à 2 collaborateurs dans l’Assemblée nationale. A ces personnes s’ajoutent les administrateurs de l’Assemblée et les huissiers, tous les fonctionnaires. Il faut aussi compter les gendarmes, les pompiers, les médecins, le personnel des restaurants, le coiffeur… C’est une petite ville.

Y a-t-il une tenue obligatoire ?

Les hommes doivent impérativement porter une cravate. Il n’y a pas d’autre contrainte.

Trouvez-vous que le président de l’Assemblée nationale fait bien son travail ?

Oui, Claude Bartolone est un bon président. Il fait respecter le règlement et en plus il est gentil et agréable.

VIE PERSONNELLE ET MANDAT

Où vivez-vous ?

J’habite Bayeux, avec ma famille. A Paris, je vis dans mon bureau de l’Assemblée nationale : un lit encastrable me permet d’y dormir quand je suis à Paris.

Quel mode de déplacement utilisez-vous ?

Entre Bayeux et Paris, je prends le train. Dans la circonscription, je me déplace avec ma voiture personnelle. Il pourra m’arriver d’utiliser d’autres modes de transport mais cela n’a pas encore été le cas.

Comment conjuguez-vous activité à l’Assemblée nationale et vie privée ?

Je suis à Paris, en temps normal, du mardi matin au jeudi après-midi.

Je travaille dans la circonscription du vendredi matin au lundi soir. J’essaie de limiter l’activité politique un week-end sur deux : j’ai, comme tout parent, besoin de ménager des temps privilégiés avec mes enfants, comme toute personne, besoin de temps pour moi.

Comment vous organisez-vous avec vos enfants ?

Je suis divorcée et maman. J’ai quatre enfants, l’aîné est étudiant aux Etats-Unis, le 2e vit dans son appartement en collocation à Caen, le 3e et le 4e habitent avec moi, une semaine sur 2. Quand ils sont avec moi, je tente de leur consacrer complètement les soirées des jeudi, vendredi et lundi ainsi que le week-end, je limite le plus possible les activités politiques.

Avez-vous encore votre activité professionnelle au musée d’Utah-beach ?

Au poste de directrice du musée d’Utah-Beach, j’étais fonctionnaire territoriale. On ne peut pas cumuler le fonctionnariat et un mandat parlementaire. J’ai été détachée administrativement. Les députés qui exercent une profession libérale ne sont pas tenus de quitter leur activité professionnelle.

Les allers-retours entre Paris et Bayeux vous énervent-ils ?

Non, je me sens autant à ma place à Bayeux qu’à Paris et donc dans une sens ou dans l’autre, je me rends chez moi.

Voulez-vous devenir ministre ?

En tout cas, j’y pense.

POLITIQUE

Quelle est votre position quant au mariage pour tous ?

Je suis « POUR » le « mariage et l’adoption pour tous », c’est-à-dire l’ouverture du droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. La maxime de notre République c’est « Liberté, Égalité, Fraternité », pour moi l’égalité et la fraternité entre les citoyens c’est essentiel. Les couples homosexuels sont composés de citoyens qui sont les égaux des citoyens hétérosexuels, ils doivent donc disposer des mêmes droits.

Quelle est la grande idée d’EELV ?

Le parti Europe-Écologie-Les Verts porte l’idée politique d’une nouvelle forme de société respectueuse des hommes et de la terre.

Êtes-vous satisfaite de votre parti politique ?

Je suis fière d’appartenir à ce parti. Parfois, j’aimerais que nous ne parlions que d’une seule voix mais notre diversité est également une force.

Que signifie pour vous « retrouver les chemins de la fraternité » ?

Le mot qui me vient c’est « solidarité ». Retrouver les chemins de la fraternité c’est assurer, par le partage, le minimum à chacun qui permettra de vivre décemment. Je ne veux pas que les riches deviennent pauvres en payant trop, je veux que les plus pauvres ne le soient plus.

Comment conjuguez-vous aide aux plus pauvres et écologie ?

L’écologie doit permettre à chacun d’avoir une habitation confortable, économe en énergie et peu chère.