Isabelle Attard

Députée du Calvados

Les circuits courts, pour la santé aussi !

/ / / / - Publié le 1 mars 2016 - 3 minutes de lecture

Le personnel de l’hôpital de Bayeux est en grève illimitée depuis le lundi 22 février 2016. Le motif ? L’exclusion du temps de repas du décompte du temps de travail pour certains personnels administratifs et techniques. Un détail ? Une goutte d’eau ? Peut-être, mais une goutte d’eau qui fait déborder un vase d’inquiétudes et d’épuisement bien trop plein.

 

Cette grève est un épisode aigu, comme disent les soignants : elle révèle une angoisse chronique et profonde. Une préoccupation constante qui, comme une maladie chronique, handicape la vie quotidienne, le bon fonctionnement de l’organisme.

Ce qui est en question dans ce mouvement, c’est le système de santé en général et l’avenir des services publics hospitaliers de proximité.

Le personnel de l’hôpital a choisi de travailler au service de la santé de chacun, sans distinction financière, sociale ou géographique. Le droit à la santé et à une bonne prise en charge sanitaire, les chances de survie ou de récupération face à un A.V.C. doivent être les mêmes, qu’on vive place Foch à Caen ou rue du Fort-Samson à Grandcamp-Maisy.

 

A Bayeux, en raison d’un déficit cumulé depuis 2010, les plans de retour à l’équilibre financier (PREF) se succèdent, incluant réductions d’effectifs et efforts en tous genres. Ils se cumulent avec les nouvelles organisations territoriales à venir et les crises chez nos voisins d’Aunay-sur-Odon. L’agence régionale de santé (ARS) ne communique pas, ni clairement ni vraiment. Elle n’annonce aucun plan à moyen ou long terme, élabore des schémas régionaux d’organisation sanitaire sans concertation ni consultation. Le directeur n’a ni la latitude ni les outils pour répondre de l’avenir de l’hôpital. Elles sont là les sources d’inquiétude et de colère : le secret, l’incertitude, l’absence de concertation.

L’attitude des tutelles est odieuse pour ceux qui travaillent à l’hôpital et pour nous tous, habitants du Bessin et du Pré-bocage qui auront un jour besoin de soins hospitaliers. Les rumeurs naissent, les responsables institutionnels ne les démentent pas clairement. Alors le doute se crée et les pires inquiétudes s’autoréalisent. Le silence de l’ARS est-il malveillant, malhonnête ou simplement maladroit ?

 

La motion proposant la fusion des établissements d’Aunay-sur-Odon et de Bayeux est un premier pas vers une organisation sanitaire territoriale. Les acteurs de la santé et les élus locaux sont prêts à travailler à un plan de soins intelligent et efficient. Je réclame à l’ARS et à son Ministère de la clarté et de l’honnêteté mais aussi de l’intelligence et de l’humanité. Nous méritons tous une politique de soins ambitieuse et bienveillante.

Le futur groupement hospitalier de territoire (GHT), annoncé pour le 1er juillet 2016, doit être équilibré et doit surtout être à destination des populations les plus fragiles. Je soutiens un service public sanitaire de qualité pour tous, qui ne soit pas soumis bêtement à des calculs financiers abstraits.

 

Chacun de nous peut se mobiliser et soutenir les établissements hospitaliers du Bessin et du Pré-bocage. J’en ai assez qu’on imagine pouvoir laisser périr en silence des populations éloignées des grands centres. Sommes-nous des citoyens de seconde zone ? Non, nous avons droit, à un hôpital local de qualité.