Isabelle Attard

Députée du Calvados

rencontre autour des enjeux économiques de la baie de Seine : quel espace vital pour les pêcheurs du Calvados ?

Publié le 23 juin 2014 - 6 minutes de lecture

Mme la députée Isabelle Attard introduit la réunion en en définissant les motifs et les objectifs. Il est question pour elle de comprendre les enjeux pour chacun, de percevoir les points d’achoppement et d’appréhender la façon de travailler pour chaque entité, les uns avec les autres. Mme Attard souligne qu’il semble évident que les relations bilatérales sont toujours positives mais que la difficulté vient du nombre d’intervenants sur le secteur.

Le tour de table permet à chacun de présenter son activité et ses attentes.

 

M. Paul Françoise, Comité départemental des pêches du Calvados, expose la position des pêcheurs. La difficulté principale pour les pêcheurs calvadosiens réside dans l’accumulation d’acteurs différenciés qui conduit à l’amenuisement progressif et important de l’espace vital des pêcheurs normands. Il rappelle en particulier l’intervention d’industriels sur un site classé en gisement de coquille St-Jacques. Au regard de cette situation, M. Françoise demande, au nom des pêcheurs du Calvados, la participation des différents acteurs de la zone au fonds de solidarité “intempéries”, qui vient en aide aux pêcheurs en cas de difficulté économique indépendante de l’activité propre de ceux-ci.

 

Mme Sandrine Samson, représentante du port de Rouen, informe l’assemblée du déplacement des dépôts des produits de l’activité de dragage. A ce jour, le dragage a lieu de l’estuaire jusqu’à Rouen. Pour ce qui concerne la partie entre l’estuaire et le pont de Normandie, les sédiments dragués sont ceux apportés par la marée dans le chenal. Il s’agit de sédiment sablonneux donc difficile à valoriser. Le dragage a lieu en continu pour ce qui concerne le chenal de navigation. Il est actuellement question d’augmenter le creusement pour permettre la navigation de plus gros navires.

Mme Samson souligne la volonté du port de Rouen de sortir du système estuarien pour ce qui concerne le dépôt des produits du dragage. Le site se trouve en prolongement des bancs actuels. Pour éviter l’endiguement constaté et le blocage du transit sédimentaire comme celui des espèces, il a été décidé de baisser le niveau des bancs. Cette opération permet de favoriser la recolonistaiton du site. Cela permet de penser qu’en cas de départ du site, de la part de port de Rouen, le système biologique sera indemne et reprendra la totalité de l’espace.

 

M. Philippe Desvigne, représentant l’industrie d’extraction de granulats, précise qu’en matière de valorisation, tous les matériaux grossiers dont immédiatement traitables. Il rappelle que l’extraction expérimentale était en phase de réalisation 2007-2011, en accord avec le Comité régional des pêches de Hte-Normandie. La démarche des extracteurs de granulats vis-à-vis de la pêche était très claire : développer les conditions d’exploitation qui auront l’impact le plus minimal qui soit sur la pêche. De ce fait, les sites se trouvent dans un secteur de moindre contrainte, avec un ’impact le plus limité possible sur la ressource halieutique et le maintien des activités de pêche. La proposition d’exploitation avait pour condition d’éviter au maximum l’impact sur le milieu, même si le site est en proximité du gisement St-Jacques. L’IFREMER a donc lancé une étude sur le secteur dont la conclusion affiche l’absence de stress particulier sur la ressource et le milieu. Les résultats sont vérifiés tous les 5 ans. M.Desvigne précise que, dans un souci de limitation de l’impact de l’activité d’extraction, il n’y a pas d’interdiction de pêche sur les sites d’exploitation et l’activité est suspendue pendant un mois et demi en période de campagne de pêche de la coquille St-Jacques. Enfin, à ce jour, aucun nouveau permis d’extraire n’est prévu. Il ne faut toutefois pas oublier qu’un accroissement de l’activité reste envisageable.

 

Pour le parc éolien offshore, M. Monteillet rappelle l’existence d’une instance de dialogue avec le monde de la pêche. Elle est notamment chargée d’établir les règles d’usage dans le parc une fois qu’il sera en activité. C’est également au sein de cette instance de dialogue que seront discutées les modalités de compensations, en particulier pour ce qui concerne la période de construction du parc (prévue hors campagne de coquille) définissent les couloirs de pêche dans le champ éolien (le centre du parc sera interdit). L’instance de concertation examine les propositions sur la vitesse des bateaux, la quantité et leur taille.

 

Depuis quelque temps, le comité régional des pêches élabore le projet « valpena », à l’instar de ce qui se fait dans d’autres régions. Pour permettre une planification de l’activité en Manche, le document “valpena” devra déterminer qui pêche quoi et où. Cette collecte d’informations, dont les données halieutiques des pêcheurs,  sur le long terme (5 à 6 ans) permettra l’évaluation des pertes pour les pêcheurs et donc mieux évaluer les compensations. Tous les intervenants reconnaissent que pour le moment, le maillage pour connaître l’activité de pêche est trop vague, trop large et trop partiel.

Au regard des échanges, il devient incontestable que l’élaboration d’un plan d’occupation du territoire marin est nécessaire. Ce schéma maritime devrait garantir à chaque activité une pérennité rassurante.

Ceci est en parfaite cohérence avec l’activité actuelle du comité de façade. La préfecture maritime, dans le cadre de l’élaboration d’une stratégie nationale concernant la mer et le littoral, alimente des documents stratégiques. Ces derniers devront permettre d’établir un plan d’occupation du domaine marin à l’échelle nationale. Les représentants réunis regrettent toutefois l’absence de consultation des différents “usagers” de la mer. Ils soulignent également la difficulté d’établir une planification spatiale sur un territoire en 3 dimensions.

 

En conclusion, M. Françoise rappelle la demande première du CDP, soit la participation des acteurs économiques de la baie de Seine. Mme Attard souligne que si cette requête obtient son approbation, il faudra réfléchir collectivement à son éventuelle aplication. Mme Attard et Mme Samson sont d’accord pour envisager ensemble une journée de visite des sites du port de Rouen, visite à laquelle sont convié tous les participants à cette réunion.

Mme Attard remercie tous les participants à la réunion.